Porn économique.

Je pense avoir un penchant pour les comptables. Déjà j’en ai épousé un (bon ok, pas légalement mais c’est écrit « spouse » dans nos papiers d’assurances, ça compte un peu!) mais c’est surtout parce qu’au lieu de tripper sur Roy Dupuis, moi je trippe sur Pierre-Yves McSween, chroniqueur économique (et comptable agréé). Gérald Fillion arrive bon deuxième.

Lire une chronique de PY (ouais, on est intimes de même), pour moi, c’est de la porn; l’économe en moi s’émoustille et je ne peux que trouver du sens dans toutes ses paroles.

Jusqu’ici, je mène assez bien ma barque sur le plan financier; mes deux parents ont toujours réussi à faire beaucoup avec peu, et il faut croire que j’en ai retenu quelques leçons. La preuve : ça fait plus de 6 mois que je suis à 55% de mon salaire (qui est déjà maigre même à 100%!) et je m’en sors très bien; je dirais même que je ne l’ai pas du tout senti passer.

Je gagnerais 200k par année que je ferais pareil, parce que je respecte trop l’argent pour le dépenser impunément. Peu importe ton revenu, tout le monde travaille fort pour gagner chaque dollar; si chacun commençait à se questionner sur le nombre d’heures qu’il doit travailler pour pouvoir se payer telle ou telle bébelle, je suis certaine qu’il se vendrait pas mal moins de crap sur la terre.

J’aimerais coacher des gens à devenir économes, mais on dirait que ça ne s’apprend pas, que c’est intrinsèque, qu’on naît  comme ça ou pas, parce que je vois trop de gens qui ne l’ont pas PEN-TOUTE et qui ne comprennent pas pourquoi ils sont paumés (!!)

Les gens ne connaissent pas le prix des choses. Ils achètent sans regarder dès qu’ils ont un besoin, de sorte qu’ils ne savent pas s’ils font une bonne affaire ou pas. Mes amis se moquent de moi parce que je fais le tour des circulaires et que je magasine longtemps quand j’ai besoin de quelque chose; faire ça depuis toujours m’aura permis de connaître la valeur des choses et d’ainsi éviter de me faire entuber quand j’achète. Tout ce qui est « du bonus », comme des vêtements, des appareils électroniques, des meubles, etc. est acheté usagé ou à rabais. Quand je magasine quelque chose qui ne s’achète pas usagé, je le magasine pendant plusieurs jours/semaines, sur Internet et en magasin, afin de payer le meilleur prix possible; les achats impulsifs sont toujours les plus coûteux. On a acheté une maison plus vieille au lieu d’une maison neuve. On a deux véhicules usagés au lieu de deux termes. Etc.

Bref, ces choix (parce que ce sont des choix; personne ne te met un gun sur la tempe pour que tu achètes une voiture neuve!) nous permettent de partir en vacances sur le fly sans devoir le budgéter un an d’avance, de payer pour un bris quelconque sans devoir mettre ça sur la marge, de ne pas angoisser quand la fin du mois arrive, mais surtout, ces choix m’ont permis de prendre 13 mois de congé de maternité sans devoir me faire un budget.

Alors qu’on me traite de cheap si vous voulez (parce que c’est bien connu, être économe c’est tout sauf sexy!), moi j’appelle ça avoir un peu plus de liberté que la moyenne des gens.

Mon cœur devenu guimauve.

J’ai toujours été sensible, limite trop. C’est génétique, je peux rien y faire; mon père était pareil. Il pleurait en écoutant America’s got talent juste parce que ça l’émouvait, des gens bons dans quelque chose. Il pleurait en écoutant les retrouvailles de Claire Lamarche, mais ça, peut-on lui en vouloir? Il pleurait aussi devant tout témoignage touchant, et je l’ai même déjà vu essuyer quelques larmes de fierté après une bonne blague bien envoyée de ma part. Ouais, à ce point. Tout ça pour dire qu’on est des braillards.

Il fallait être naïve pour croire que la maternité n’empirerait pas mon cas; maintenant, en plus, je braille dès que je vois un enfant triste/malade, quelle que soit la raison, réelle ou fictive.

Je vais au CLSC pour les vaccins de ma fille et je vois une enfant de 3-4 ans revenir des siens en pleurant? Mes yeux se mouillent. J’écoute Suits et je vois Mike enfant qui apprend la mort de ses parents? Je renifle ma vie. J’écoute Donnez au suivant? JE MEURS.

Ce que je n’avais pas prévu cependant, c’est que mon chum deviendrait guimauve lui aussi! Au travail, un client ne payait pas ses factures depuis des mois. Quand il a su que c’était parce que son fils était décédé accidentellement, il est soudain devenu hyper conciliant. (On le serait tous, mais pas un comptable!)

Hier, il a enregistré Remue Ménage, où on parlait d’enfants handicapés et de leurs parents qui s’en occupent. On commence à écouter ça, et tous les deux on fait la lippe instantanément. En plus, la petite fille lourdement handicapée dans le reportage s’appelle comme la nôtre et ses parents sont super attachants. Mon chum me regarde les yeux dans l’eau et me dit « Ouin. C’était peut-être pas une bonne idée finalement. » Comble du comble, après le reportage, l’animatrice nous dit que depuis, les parents se sont séparés. C’en est trop! « Mais oui mais, pourquoi ils nous disent ça!!! C’ÉTAIT PAS NÉCESSAIRE!!! » On est sur le bord de faire une plainte à Radio-Canada.

Ce qui te brasse le plus les émotions, c’est de réaliser que dans pareille situation, tu ferais exactement la même chose qu’eux. Et tu espèrerais fort que ton couple tough la run, pour faire mentir les statistiques déprimantes.

Au moins on s’est couchés heureux d’avoir une puce en santé. Mais on n’a clairement pas fini de brailler!

Surexposée.

L’Internet est un lieu fascinant où on a l’occasion de voir interagir des gens qu’on ne côtoierait pas d’habitude. Ça peut parfois donner lieu à de belles découvertes, mais très souvent aussi, ça désole.

Je me demande pourquoi il y a tant de filles-mères, visiblement dans la schnoutte, qui ont décidé (délibérément ou non) d’avoir un enfant dans un contexte peu favorable.

Je me demande pourquoi il y autant de gens qui commentent les articles du Journal de Montréal en exhibant à la face du monde leur pauvreté d’esprit, leur racisme, leur xénophobie, name it.

Je me demande pourquoi autant de filles putassent en s’exhibant sur toutes leurs coutures, convaincues que ça leur donne du pouvoir (outre celui de faire bander).

Au-delà des individus, il y a aussi leurs agissements, qui font la une quotidiennement. Des attentats, des fusillades, des meurtres, des enlèvements, des injustices… Je me demande jusqu’où on peut être exposé à tout ça sans en ressentir le ressac? À force d’y avoir accès 24/24, de constamment être témoin de l’humain dans son plus laid, j’ai peur qu’il n’existe pas suffisamment de vidéos de chats pour en contrebalancer les effets.

C’est l’été, il fait 32, on feel tous pour du léger, du moins cérébral, de la p’tite limonade fraîche pour le cerveau. C’est le moment de l’année où on se permet de lire de la chicklit sans s’auto-juger (« on » exclue la personne qui parle), d’aller à la plage en écoutant du David Ghetta plutôt que du Koriass (allô Radio-Canada, Koriass existait il y a 15 ans, alors que vous étiez trop occupés à être bandés sur Anodajay pour une raison obscure!) et de boire du Pépito Sangria plutôt qu’une triple IPA (ok peut-être pas!) De ce fait, je pense qu’on aurait tous intérêt à délaisser iPads, cellulaires & télés au profit de l’humain dans son plus beau, c’est-à-dire l’humain estival qui arbore généralement la gougoune et qui se tient le plus souvent près d’un BBQ et/ou d’un plan d’eau.

Ça arrêtera pas l’humain d’être con. Ça empêchera pas les meurtres partout autour. Mais ça va aider à faire passer la déprime médiatique et ça va redonner espoir en l’humain. Parce que j’ai rarement vu un gars en gougounes être l’instigateur d’un projet machiavélique. Sauf peut-être celui de tirer Suzanne dans l’lac.

Comment devenir une meilleure personne.

Depuis que je suis maman, j’essaie fort de devenir une meilleure personne. J’ai pris conscience de l’impact que mes gestes & paroles pourraient éventuellement avoir sur ma fille, et je dois me rendre à l’évidence : ça n’implique plus que moi désormais. Je me dis que je vais possiblement servir d’exemple et être imitée par mon enfant un jour, alors j’essaie de me forcer un peu. Je me garde quand même le droit d’être un minimum imparfaite; faut que ça s’enseigne aussi, l’imperfection!

Ça implique plusieurs choses, comme par exemple sacrer moins, pogner les nerfs moins rapidement, être plus patiente, plus indulgente, sourire plus, être moins condescendante, mais surtout : juger moins les gens.

Je dois dire que j’ai le jugement facile. De ce fait, je me tiens souvent avec des gens qui, eux aussi, ont le jugement facile. Ça  fait des discussions plus animées et plus comiques, tsé. Mais justement, je me rends compte que les enfants de ces amies judgy (parce que, disons-le, ce sont surtout des filles!) ont une petite tendance à l’être aussi, on dirait. J’ai vu le fils de 4 ans d’une amie reluquer de haut en bas les enfants au parc qui étaient mal habillés. Celui d’une autre amie, quant à lui, s’est vanté d’avoir « joué avec un pauvre », comme s’il s’agissait là d’une bonne action. Ça m’a un peu ébranlée, et je me suis dit qu’il était hors de question que la mienne fasse pareil. On habite un quartier défavorisé,  je n’ai aucune intention d’envoyer ma fille dans une école privée, et c’est important pour moi qu’elle soit exposée à toutes sortes de gens, provenant de toutes sortes de milieux.

Je ne juge pas les gens par leur classe sociale, mais je juge les gens par leurs agissements quand ceux-ci sont, selon moi, discutables. Je m’en fous si ces comportements n’impactent que toi. Mais mon voisin qui fume un bat à côté de son fils de 3 ans, c’est non. Je veux pas que ma fille juge les madames qui portent des leggings intergalactiques, parce que tsé, elles font rien de mal; mais qu’elle ait un minimum de sens critique, c’est tu si mal que ça? Il faut chercher à comprendre avant de juger, mais dans certains cas, y a-t-il vraiment quelque chose à comprendre?

L’art d’être une casse-couilles.

Pour m’aider (ou m’enliser!) davantage dans mon désir de réussir ma conciliation travail/famille, je suis en train de lire Qui s’occupe du souper? de Nathalie Collard. On y traite, entre autres, de l’insatisfaction constante des femmes envers leurs compétences de mère, d’employée, de femme, etc. Bref, la bonne-femme est jamais contente, on dirait!

C’est vrai que l’homme semble moins atteint par cette maladie mentale là. Les hommes ont plus de facilité, je crois, à voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, à se dire qu’ils ont fait de leur mieux en fonction des compétences qu’ils ont et que bon, c’est pas parfait, mais c’est ben correct pareil!

Les gars ont compris quelque chose qu’on n’a pas compris, je pense. Je ne veux pas parler au nom de toutes les femmes, je n’ai pas cette prétention-là, donc je parlerai pour moi : je veux toujours faire le mieux possible, oui, mais en plus, j’exige ce même « mieux » des autres autour, principalement de mon chum.

« Moi, j’aurais fait ça comme ça. »
« Tu devrais faire ça de telle façon, ce serait plus efficace. »
« T’es sûr que tu veux faire ça comme ça? Il me semble que… »

Je suis. Une fucking. CASSE-COUILLES.

Avant d’ouvrir la bouche, je devrais me questionner : Est-ce que sa façon de faire est correcte? Est-ce que la vie de quelqu’un est en danger quand il fait ça comme ça? Est-ce que le résultat sera le même? BON BEN LAISSE-LE DONC TRANQUILLE, CRISSE. (Je me crie après. J’suis d’même.)

Ma fille va avoir 1 an. En 1 an, JAMAIS mon chum n’a remis aucun de mes gestes en question en ce qui la concerne. JA-MAIS. Moi? Je l’ai fait 47 504 fois. Minimum.

Ce weekend, je suis tombée dans les marches avec ma fille dans les bras. J’ai glissé, étalé mes 5 pieds 10 sur 12 marches de long – une jambe en haut, une jambe en bas; je vous dis ça pour l’image mentale! – et contorsionné mon corps du mieux possible pour éviter que ma progéniture ne finisse tête première sur le pallier. Soyez sans crainte, elle n’a rien eu; c’est moi qui ai tout pris. Je pleurais de peur (& de douleur, un peu) et j’ai demandé à mon chum s’il était fâché contre moi. « Fâché pour quoi?? », qu’il m’a dit, le regard plein de ??. « Ben, parce que je suis tombée avec la p’tite… » Ses yeux sont restés en points d’interrogation. Et j’ai réalisé que moi, je lui aurais fait un sermon sur la sécurité quand on tient notre enfant dans nos bras, sur l’art d’être attentif à l’endroit où on pose le pied, et blablabla. MAIS QUELLE CONNE JE FAIS!

Je n’ai pas fait exprès, évidemment. Et malgré toutes les précautions d’usage, j’ai glissé, ça arrive. Ça m’arrive à moi plus souvent qu’à d’autres, mais ça arrive quand même. Personne ne mérite un sermon pour ça; la punition, on l’a tout partout sur notre corps bleui et sur notre cœur en miettes d’avoir entendu notre enfant hurler de peur dans nos bras.

Je vais m’efforcer fort d’être moins casse-couilles. Je promets rien, mais je vais essayer très fort.