The shore.

On est allés souper à l’Opia. De la fenêtre, on voyait les énormes bateaux qui étaient sagement assis dans l’eau de la baie; pas ceux qui débarquent des centaines de touristes anglophones, plutôt ceux pour qui personne ne se déplace, ceux qui sont chargés de marchandises dont j’ignore la provenance.

C’est beau, La Baie, mais on n’y va jamais. On a marché dans les petites rues en pente, regardé les vieilles maisons collées les unes sur les autres, parlé avec une vieille dame qui promenait son chat roux en laisse. Cette ville-là semble vivante et fantôme à la fois : des installations récentes et des bâtisses vieilles de 100 ans y cohabitent presque équitablement, dans une étrange harmonie.

J’aime les centres-villes des petites places. On s’y sent touriste et chez-soi à la fois.

On a marché sur le bord de l’eau, à travers les galets et les bouts de bois usés par l’eau, laissés par la marée. L’usine grondait derrière dans un bruit sourd alors qu’un quatuor de F18 passait au-dessus de nos têtes avec fracas, résumé sonore de ce qui relie la moitié des habitants de cette ville : l’Alcan, l’armée.

Je n’ai pas pu m’empêcher de fredonner The Shore de Clément Jacques, juste parce que moi aussi, j’écrirais des tounes assise devant ça.

Et l’endroit était désert, comme tous ces endroits qui ne figurent pas dans le Routard ou pour lesquels on ne dépense pas des fortunes pour s’y rendre.

Toute la beauté du monde devant soi, et les yeux grands fermés.

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