Silencieuse.

Y’a des jours où je parle fort, où je monopolise un peu le centre d’attention, où je dis tout haut tout ce qui me passe par la tête, et où je cherche à faire rire les gens, coûte que coûte.

Et y’a des jours comme aujourd’hui, où je me fais minuscule, invisible, presque. Où je parle peu, et que lorsque je dois le faire, je le fais doucement, pour ne pas que tout le monde entende. Des jours où, à défaut de pouvoir rester toute seule dans ma bulle, je la traîne avec moi, étanche.

Aujourd’hui était un de ceux-là. Plutôt que de dire bonjour, ce matin, j’offrais des sourires en coin. De toutes les choses qui me passaient par la tête, chaque fois, avant d’ouvrir la bouche, je me suis demandé « Boaf. Est-ce que ça vaut vraiment la peine que je dise ça? » Peu de fois j’ai répondu dans l’affirmative.

Je suis venue dîner seule à la maison, loin des conversations futiles de salle à café. J’ai fait à souper en silence, sans le brouhaha de la télé en bruit de fond. Et maintenant j’écoute le silence de la maison, clairsemé du son des touches qui claquent au fil de mes idées.

Mon visage est sans émotion; même sans le voir, je le sens. Mi-triste, mi-fatiguée, mi-amère; toutes des possibilités qui n’en sont rien, puisque je suis seulement neutre, silencieuse. Emotionless.

Y’a des jours où je me dis que ça doit un peu ressembler à ça, les antidépresseurs. L’engourdissement des émotions. La lobotomie, presque.

Et malgré toutes les fois où je pleure pour rien, où la vie pèse un peu trop lourd, où la gestion des sentiments me semble être une tâche aussi chiante que de laver les planchers, je me dis que ça vaudra toujours mieux que les pilules et leur anesthésie générale.

J’ai deux options : loud ou silencieuse.

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4 réflexions sur “Silencieuse.

  1. C’est parce qu’on est parfois loud que notre silence nous surprend, nous fait drôle. Moi, c’est comme ça en tous cas! Les extrêmes!!!!

    Fait du bien des fois de s’exiler un peu et de s’apprivoiser, d’apprivoiser le pas de bruit. Rare que ça m’arrive. Je cherche parfois trop à meubler l’air de sons…

  2. Et avec des enfants, c’est sûrement d’autant moins facile..!!

    Ça me fait un peu peur ça d’ailleurs. J’ai parfois tellement besoin de silence et de solitude que je sais pas comment je gérerais ça avec des enfants qui eux ne comprennent pas ce besoin de silence et de calme..!

  3. Même si ton texte est un peu triste, je voulais quand même te dire qu’il est magnifique. Tu décris tellement bien cet état d’esprit mélancolique, avec un pied dans la tristesse, l’esprit semi comateux et l’impression que l’univers est nuageux. Pas d’averses, pas d’orages, mais pas de soleil non plus. Et du silence.

    Merci pour le texte. Il me touche vraiment. Super bien écrit!

  4. La Citadine : merci beaucoup. J’essaie de ne pas trop faire ça déprimant, parce que je l’étais pas, en fait.. Mais ce sentiment-là, j’essaie de le comprendre et de l’apprivoiser.. Parce que j’ai fini par comprendre que quand je suis comme ça, je ne peux rien faire contre; je peux juste attendre que ça passe. ;)

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