Vie de quartier.

Dans mon nouveau quartier, la communauté est tissée serrée.

Tout le monde se connaît ou presque; la plupart sont nés ici et risquent d’y mourir. J’ai habité ce quartier avec mon père pendant 7 ans avant d’y revenir en avril dernier. 7 ans à y vivre en outsider, résignée à ne pas faire partie intégrante de cette communauté parfois jugée par les quartiers plus cossus avoisinants; St-Jean-Eudes comme le p’tit frère pauvre d’Arvida.

C’est vrai, la réputation du quartier est bien ancrée dans la mémoire collective; collé sur le quartier Ste-Thérèse, là où les maisons ancestrales ne finissent plus d’être belles, et accoté sur l’Alcan, dont la pollution — apparemment inoffensive — laissait autrefois un film gris sur les maisons, St-Jean-Eudes n’est pas le quartier de choix de Jonquière. C’est d’ailleurs ce qui nous a permis d’acheter pareille maison, qui se serait vendue 40 000 $ de plus si elle avait eu la chance d’être située 3 km plus loin.

J’ai longtemps boudé cette proximité qu’ont les gens ici. Pourtant, à les regarder, tout le monde en tire profit : t’as besoin d’un pickup? Va voir Alain, il prête le sien à qui en a besoin, du moment où il est capable d’établir un lien semi direct entre toi et lui. Ton auto est en rack dans ta cour? Appelle Roger, il va te remorquer ça gratis jusqu’au garage, à côté. Tu te cherches un appartement? Profites-en pendant que t’es au garage pour jaser avec les 3-4 flâneux qui traînent là, ils ont toujours des plugs insoupçonnées.

Les gens se connaissent et se tiennent, du moment où t’es la fille de l’un, le cousin de l’autre ou même le beau-frère du troisième voisin.

Cette semaine, j’ai été happée par cet élan de proximité et de compassion quand j’ai appris, alors que je faisais simplement la queue au dépanneur, qu’un gars de mon quartier, le fils d’une madame avec qui j’ai jasé tout bonnement il y a de ça une semaine, est mort tragiquement à son travail, exactement à la même date et presque au même lieu où son frère jumeau est aussi décédé il y a quatre ans. On ne peut qu’être troublé par cette nouvelle tant elle semble sortie d’un film.

Jeudi soir, par une soirée où l’air était lourd dehors, où le tonnerre grondait si fort qu’il en faisait trembler les murs, j’ai eu une pensée pour cette maman, déjà trop éplorée pour une seule vie, pour qui le ciel se déchaînait.

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6 réflexions sur “Vie de quartier.

  1. @ Quelqu’un
    Tu confirmes plutôt tes préjugés personnels. J’ai constaté que depuis les déclarations du maire Tremblay, certains comme toi se laissent aller la trappe. Tu dois être le genre d’individu qui croit qu’en dehors de Québec ou Montréal, c’est le néant. Sort un peu, ça va peut-être ouvrir ton esprit fermé.
    Aussi, le billet d’Audrey parle de la mort tragique d’un jeune bien connu par sa communauté. Tu aurais pu te garder une petite gène. Quel manque de classe… Tu fais pitié.

    @ Audrey
    Ne t’en fais pas avec le commentaire de « Quelqu’un ». C’est un des inconvénients d’internet relié à l’anonymat. Je suis sur que dans le monde réel, il n’aurait jamais osé te le dire de vive voix..

  2. Cospomolite : Premièrement, merci pour la défense. ;) En fait je ne sais vraiment pas ce que j’ai pu écrire là-dedans qui évoquait d’une quelconque manière la consanguinité. Honnêtement je cherche et je vois pas. Est-ce parce que je parle de l’entraide entre les gens d’un même quartier? Est-ce parce que je dis que les gens naissent et meurent dans ce même quartier? Encore là, je vois mal ce qu’il y a de consanguin là-dedans; ça existe dans toutes les villes, tout ça, et si dans celle où il habite, les gens ne s’entraident pas et n’ont aucun sentiment d’appartenance envers le lieux où ils ont grandit, eh bien je trouve ça bien triste et j’aurais envie de lui dire : déménage, man.

    M’enfin. Des imbéciles il y en a partout; Internet n’y fait pas exception, bien au contraire, le ratio semble y être plus élevé. ;) Bref, sache que son commentaire ne m’a en aucun temps insultée. Ce qui m’a insultée, c’est de me faire dire ça alors que le sujet de mon billet n’avait aucun mais alors aucun lien de près ou de loin avec une quelconque consanguinité, et comme tu dis, je parle ici d’un jeune de 21 ans qui est mort tragiquement; son commentaire me fascine tant il est impertinent.

  3. Ben voyons donc! Je suis scandalisée par le commentaire de « Quelqu’un »! Je ne peux pas croire qu’un sans dessein fasse un commentaire pareil au sujet d’un décès, tragique qui plus est! Wow! Quel manque de tact!

    Pour finir sur une belle note, je dirais que j’ai toujours trouvé que SJE avait une chance incroyable, on dirait que le quartier est comme une petite île déserte, tout le monde est ensemble dans leur univers! Même au secondaire les jeunes de SJE se tenaient ensemble et aujourd’hui à 25 ans, ils sont encore ensemble :) Une amie à moi est en couple avec un gars de St-Jean-Eudes et pas question de déménager ailleurs! Ils ont leur appart là en attendant que la grand-mère quitte pour le foyer de personnes âgées (qui sera à SJE) pour acheter sa maison. Et je trouve ça magnifique :)

  4. Vanessa : Merci aussi pour la défense. En effet, c’était quelque peu déplacé comme commentaire. Mais bref. Je le laisse là quand même, histoire que tout le monde se rende compte à quel point c’est un innocent. ;)

    Honnêtement, j’ai longtemps « jugé » le monde de St-Jean-Eudes, même quand j’y ai habité, justement parce qu’à la poly, tout le monde de SJE se tenait ensemble, je trouvais qu’ils se tiraient un rang de vouloir juste se tenir ensemble! haha! Mais cette tendance-là va probablement être amenée à s’éteindre, parce qu’il faut penser que ces gens-là avec qui on est allés au secondaire sont pour plusieurs allés à l’école primaire de SJE avant sa démolition, donc ils ont fait tout leur primaire ensemble, ce qui explique la proximité. Surtout que quand l’école était encore ouverte, c’était première année et deuxième ensemble, troisième et quatrième ensemble, etc., ce qui fait qu’il se connaissaient encore plus, même les plus vieux/plus jeunes.

    Bref, les gens se tiennent vraiment ici, c’est notoire. Oui, le ratio de voyous est peut-être plus élevé, mais honnêtement, j’aurais pas peur de faire des kids ici, et j’aurais surtout pas peur qu’ils virent voyous; y’a des voyous plein Arvida aussi, faut pas se leurrer. ;)

    Tsé, pour la mort du jeune, j’ai vu passer sur Facebook une invitation à aller faire une chaîne humaine dehors, devant la maison des parents, pour leur témoigner leur support et leur montrer que leur « communauté » est derrière eux. Je trouve ça fabuleux de faire ça. Je sais pas s’ils étaient plusieurs; l’avoir su avant, j’y serais allée c’est sûr, mais quand même, je trouve ça beau comme marque d’attention, tu vois pas ça n’importe où..!

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