Désaxe.

On a écouté dimanche le reportage d’Enquête sur Luka Rocco Magnotta. On finissait de manger, et ça m’a complètement levé le coeur : un désaxé mental qui a commencé par se filmer en train de tuer des animaux sans défense, des tas de gens qui ont fait une chasse à l’homme sur Internet afin de le retracer, des tas de policiers/enquêteurs qui n’ont rien pu faire pour l’attraper à temps, et est arrivé ce qui est arrivé : il a commis le pire, l’irréparable.

Avec une p’tite coupe de vin dans le nez, j’en avais presque les larmes aux yeux et le moton dans la gorge quand j’ai dit « Non mais ça se peut tu, des malades mentaux d’même! On n’est pas à l’abri de ça, personne! Comment tu fais pour empêcher que ton enfant devienne comme ça? Ou qu’il soit en contact avec des mongoles de même? Si c’était juste de moi, j’aurais des enfants pis j’les mettrais dans une bulle de verre jusqu’à leurs 30 ans. »

T’as beau être la meilleure personne sur Terre, des fous comme ça, il va toujours y en avoir partout, probablement plus près de toi que tu ne le penses. Comment peux-tu te prémunir — et prémunir les tiens — d’être en contact avec pareils désaxés dans la vie? Tu peux pas. Tout ce que tu peux faire, c’est t’assurer de leur apprendre à détecter ces gens-là, et te fier à leur bon jugement.

C’t’épeurant.

Quand j’entends des histoires comme celle-là, ou comme celle de la mère qui tue ses trois enfants, ou comme celle de la fille qui a une garderie et qui parle de ses idées suicidaires ouvertement sur Internet, je me dis que crisse, y’a sûrement quelque chose qu’on fait mal quelque part.

Le seul point qui unit ces trois histoires? La détresse. La détresse psychologique, relevée par plusieurs personnes de leur entourage, et l’inaction face à cette détresse-là.

J’entendais la juge Andrée Ruffo hier à la télé qui disait que la solution résidait justement dans l’action. Trop de « je veux pas me mêler de ce qui me regarde pas » mène souvent à l’inaction face à des situations qui peuvent devenir graves. On passe nos vies à fouiner dans celle des autres, à potiner sur les relations de l’un, à mémèrer sur les problèmes de l’autre, mais quand on parle de choses graves, de choses qui pourraient éventuellement avoir des conséquences irréversibles, on se mêle donc ben de nos affaires!

On dit qu’on a les élus qu’on mérite; moi je dis qu’on a la société qu’on mérite. Et celle dans laquelle on vit présentement est beaucoup plus occupée à avoir le nez collé sur son fucking Blackberry qu’à remarquer qu’autour, des gens crient leur besoin d’aide en silence.

Trop occupés à déchiffrer le :( à la fin d’un texto, on a fini par ne plus voir que notre voisin aussi faisait cette face-là.

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