Morphé.

Je disais justement à ma mère cette semaine que je n’avais plus besoin de « béquilles » pour dormir. C’est héréditaire, chez nous on s’endort en écoutant la télé. Je me souviens encore des soirs où je dormais chez ma grand-mère dans son lit; elle écoutait la télé de son côté et je n’avais pas le droit de regarder, mais les portes miroir du garde-robe me permettaient de le faire quand même, les yeux mi-clos dans une feinte peu subtile. Même chose dans le lit de ma mère, où je relevais la tête tout doucement pour écouter Ad Lib; chaque fois elle s’en rendait compte.

La télé, ça met un bruit de fond qui t’empêche de penser à tout ce qui pourrait nuire à ton sommeil : la liste d’épicerie, le travail qui t’attend au bureau, la brassée que t’as oubliée dans la laveuse, le rendez-vous chez le médecin… T’ouvres la télé, t’écoutes Maxence Bilodeau te parler d’une menace terroriste au Yemen, et sans même t’en rendre compte, tu sombres doucement vers le pays des rêves.

Mais je n’en ai plus besoin, de cette béquille-là. Plus souvent, en tout cas. Parce que j’ai mon anti-stress, mon calmant : mon chum. Le soir on se couche, on jase, on se colle, pis je dors. Point barre.

Ça doit être chimique, je sais pas, mais par son unique présence, il vient rebalancer mon PH et je deviens zen. Moi qui ai toujours eu de la difficulté à dormir, qui me suis toujours couchée très tard car mourir de fatigue était le seul moyen de m’endormir rapidement – ça et me coucher saoule, mais bon, je voulais pas développer un problème d’alcoolisme en plus! – tout d’un coup, je suis capable de me coucher à 10h, même pas vraiment fatiguée, et m’endormir en moins de 15 minutes. J’ai encore des petits moments d’angoisse, parfois, mais la plupart du temps je me colle et ça passe.

Mais là, ce soir, pour une rare fois où je dors sans lui, j’y arrive pas. Comble du comble, je dors dans la chambre d’amis, sans télé, sans béquille.

Je connais des couples qui font chambre à part, pour diverses raisons. Des couples qui sont incapables de dormir l’un avec l’autre. C’est d’une tristesse infinie. Le jour où mon chum sera un irritant dans mon propre lit, je me poserai des questions.

Pour l’instant, je voudrais juste un somnifère. Juste pour cette nuit.

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