Ma promotion.

Je recommence à travailler dans un mois et demi. J’ai la chance inouïe d’avoir un congé de maternité d’un peu plus de 13 mois, alors je ne m’en plains pas, mais évidemment, après une si longue coupure, le retour à la réalité s’annonce brutal. Brutal, c’est le mot.

Pour être bien sûre de ne pas décrocher à 100%, je suis quand même restée en contact étroit avec le bureau; je suis hyper copine avec celle qui me remplace présentement, donc j’ai droit à tous les potins/chialages/frustrations quotidiens (ou presque), ce qui me permet de rester un peu connectée. Je vais faire mon tour de temps en temps – soit au bureau, soit dans les 5 à 7! – afin de ne pas trop perdre la twist et/ou de ne pas trop me faire oublier. Ça me fait toujours un velours que mes collègues disent s’ennuyer de moi; je feins m’ennuyer d’eux aussi, pour ne pas les heurter, mais je vous dirais honnêtement que c’est très peu le cas – je suis une sans coeur, voilà c’est dit!

En quittant le travail, j’avais une peur bleue de m’ennuyer à la maison avec ma fille. Vous me connaissez un peu; la vie de p’tite mère au foyer, c’était clairement pas un job taillé pour moi. C’est peut-être pour cette raison que je m’y suis plu, finalement, parce que mes attentes étaient si pessimistes qu’au final, je me suis retrouvée à aimer ça pas mal plus que prévu.

La beauté de ma job de p’tite mère au foyer actuellement, c’est que tout ça a une échéance. Les 2 premiers mois, j’ai haï ma job; je sentais que j’avais tout à prouver mais très peu de compétences pour y arriver. Je me suis sentie abattue, j’ai souvent pleuré et je me suis remise en question 1000 fois. Ensuite, j’ai fini par m’acclimater aux nouvelles tâches qui m’incombaient. J’ai pris du galon, de l’assurance,  je me suis même trouvée bonne, parfois. Pendant quelque temps, j’ai vraiment envisagé faire ça toute ma vie (ou du moins, quelques années) et bien qu’au départ je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un job dans lequel on pouvait s’accomplir personnellement, je me suis surprise à remettre en doute mes propres préjugés. Je me relis et je trouve qu’au fond, on se sent comme ça chaque fois qu’on commence un nouveau travail, finalement. J’aurais aimé voir ça comme ça dès le début.

Aujourd’hui, je reviens un peu sur terre, et je réalise que, bien que je serais capable d’être mère au foyer pendant quelques années, ce ne serait pas nécessairement une bonne chose, ni pour moi, ni pour ma fille. Premièrement, parce que ma patience a des limites beaucoup plus restreintes que celles des éducatrices qui s’occuperont d’elle à la garderie. Oui, je l’aime d’amour et je marcherais des kilomètres à genoux pour elle, mais quand elle décide qu’elle buck et qu’elle ne veut pas coopérer, j’ai quand même très envie de crisser mon camp prendre l’air. Genre 2 jours. Pour ma santé mentale – et pour la sienne –, vaut mieux éviter. Deuxièmement, parce que même si à aucun moment je n’ai senti que j’étais « diminuée » du fait que je ne travaillais pas présentement, je sais que sur le long terme, cet écart se ferait de plus en plus sentir et honnêtement, je ne sais pas à quel point je vivrais bien avec ça.

Bien sûr, ça va me briser le cœur de la laisser entre les mains d’une tierce personne toute la journée, mais changer d’air, voir des amis, apprendre de nouvelles choses et s’identifier à d’autres gens que nous sera sans doute très bénéfique pour elle (surtout le dernier point, pauvre chaton!) Et puis moi, pendant ce temps, je m’accomplirai en faisant autre chose qu’être maman, et je serai sûrement 100 fois plus contente de reprendre mon job de mère à 5h.

La conciliation travail/famille m’effraie, probablement comme n’importe quelle maman qui retourne travailler. J’essaie de garder en tête que mon retour au travail sera un peu comme si je débutais un nouvel emploi, mais que là en plus de me trouver poche à la job, je risque de me trouver poche à la maison aussi. Et comme quand j’ai commencé mon job de mère, je prévois avoir un deux mois d’ajustement avant d’être satisfaite de mon rendement.

C’est comme si j’avais été promue dans un nouveau job hybride de maman-adjointe-administrative :

Horaire : généralement de 6h30 à 20h, soirs & fins de semaine inclus et un shift de nuit de temps en temps
Tâches principales : toute autre tâche connexe (comme ça, on se trompe pas!)
Salaire : le même qu’avant la promotion

Ouin. Amené de même, c’est moins tentant de postuler… Trop tard, mon contrat est déjà signé!

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